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// Ancien Siège du Gouvernement Allemand

Érigée en 1891, cette bâtisse d'inspiration classique prussienne est une des premières construction "en dur" sur le plateau Joss. A l'origine, l'édifice était pourvu d'un toit plat en "béton de bois", recouvert de sable sur 30 cm d'épaisseur, mais ce dispositif ne tint pas longtemps sous l'abondance des précipitations, et fut remplacé dès 1900 par un toit à quatre pentes. Il abrite le premier Siège du Gouvernement allemand (1885-1901) à Kamerun Stadt (Douala). Le gouvernorat est par la suite déplacé à Buéa (1901-1908), puis revient à Douala en 1908, en raison de l'éruption du Mont Cameroun. Le premier Gouverneur, Julius von Soden (en poste de 1885 à 1891) organise à partir de son Siège, le découpage du pays en circonscriptions administratives, et surtout la conquête militaire des différents royaumes de l'hinterland, en imposant le drapeau et la loi allemands. Son successeur, Eugen von Zimmerer, institutionnalise la police par décision du 16 octobre 1891 phase qui précèdera la création de la Schutztruppe, l'armée du protectorat, composée d'officiers allemands et de soldats noirs enrôlés ou recrutés au Togo, au Bénin, au Nigeria, au Libéria, au Gabon et en Sierra Leone. La Schutztruppe achèvera la conquête militaire et tentera d'assurer l'ordre colonial, malgré les résistances camerounaises à l'occupation allemande qui vont durer jusqu'à la première guerre mondiale.

Pendant le Mandat français, et après que la capitale du Territoire eut été transférée à Yaoundé par un décret le 1er mai 1921, cet immeuble imposant abritera les services du Délégué du Haut Commissaire du Gouvernement.

C'est désormais la sous-préfecture de Douala 1er.




// Arches de la mémoire

Le projet Douala, ville d'art et d'histoire consiste à baliser trente sites et bâtiments historiques de la ville de Douala, dans la période qui s'étend de la fin du XVIè siècle jusqu'à l'indépendance du Cameroun en 1960.

Le balisage de ces lieux, témoins du passé, s'effectue au moyen de mobilier urbain, les arches de la mémoire, dessinées par la designer Sandrine Dole. La forme utilisée évoque ces arches de palmes qui balisent traditionnellement l'entrée des lieux en fête au Cameroun. Ces arches, désormais faites de métal, sont autant de portes temporelles ouvrant vers un passé de résistances aux violences coloniales.

Les textes, inscrits sur des plaques de plexiglas et rédigés par les historiens Valère Epée, Lionel Manga et Blaise Ndjehoya, expliquent en français et en anglais (les deux langues officielles du Cameroun) l'histoire de ces sites et de la ville de Douala.

Actuellement Les arches du programme "Douala, Ville d'Art et d'Histoire" sont posées dans dix-huit sites de la ville :

Douze arches, implantées au quartier Bonanjo, retracent la mise en place des institutions judiciaires, pénitentiaires, commerciales et sanitaires, par les administrations coloniales successives(britannique, allemande et française), ainsi que le lignage des rois Bell.
Six arches, implantées au quartier Akwa, présentent l'introduction de la chrétienté au Cameroun, les bases de la construction urbaine de la ville de Douala et le premier hôpital public dédié aux indigènes.

Douze dernières arches restent à poser dans la ville.

Un projet soutenu par EED Bonn, et l'ambassade d'Allemagne à Yaoundé.