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// Ancien Siège de la Woermann Linie

Construit en 1927, le siège de la firme commerciale allemande Woermann Linie est de dimensions imposantes, témoignant ainsi des ambitions de reconquête du marché local par cette compagnie.

En effet, la Woermann Linie, de Hambourg, installe en 1868 son premier établissement à Cameroon Town (qui deviendra Kamerunstadt, puis Douala), au moment du plein essor économique du Golfe de Guinée. (...) Les Douala, intermédiaires commerciaux entre les navigateurs (commerçants étrangers auxquels ils interdisent de s'installer à terre) et l'hinterland(intérieur du pays) d'où proviennent les matières premières troquées, puis vendues contre des produits européens manufacturés, bénéficient du monopole de transactions et s'enrichissent rapidement. Cette nouvelle économie divise violemment le peuple douala, opposant périodiquement les Bell aux Akwa ou aux Deïdo. Les chefs Douala décident donc de recourir à un ordre extérieur pour surmonter les conflits. (...) Ils signent le 12 juillet 1884 un traité de Protectorat avec les fondés de pouvoir des firmes Woermann et Jantzen und Thörmahlen, représentantes du Gouvernement allemand. Deux jours plus tard, le Docteur Nachtigal, envoyé du Chancelier Bismarck, hisse le drapeau impérial à Kamerunstadt et prend officiellement possession du territoire, inaugurant ainsi l'histoire coloniale au Cameroun.

En 1914, à l'arrivée des troupes franco-anglaises, la Woermann quitte le pays. Elle s'y réinstalle dans les années 1920 et bâtit son siège.

Ce bâtiment abrite aujourd'hui les services de la Délégation provinciale du Développement Urbain et de l'Habitat.




// Arches de la mémoire

Le projet Douala, ville d'art et d'histoire consiste à baliser trente sites et bâtiments historiques de la ville de Douala, dans la période qui s'étend de la fin du XVIè siècle jusqu'à l'indépendance du Cameroun en 1960.

Le balisage de ces lieux, témoins du passé, s'effectue au moyen de mobilier urbain, les arches de la mémoire, dessinées par la designer Sandrine Dole. La forme utilisée évoque ces arches de palmes qui balisent traditionnellement l'entrée des lieux en fête au Cameroun. Ces arches, désormais faites de métal, sont autant de portes temporelles ouvrant vers un passé de résistances aux violences coloniales.

Les textes, inscrits sur des plaques de plexiglas et rédigés par les historiens Valère Epée, Lionel Manga et Blaise Ndjehoya, expliquent en français et en anglais (les deux langues officielles du Cameroun) l'histoire de ces sites et de la ville de Douala.

Actuellement Les arches du programme "Douala, Ville d'Art et d'Histoire" sont posées dans dix-huit sites de la ville :

Douze arches, implantées au quartier Bonanjo, retracent la mise en place des institutions judiciaires, pénitentiaires, commerciales et sanitaires, par les administrations coloniales successives(britannique, allemande et française), ainsi que le lignage des rois Bell.
Six arches, implantées au quartier Akwa, présentent l'introduction de la chrétienté au Cameroun, les bases de la construction urbaine de la ville de Douala et le premier hôpital public dédié aux indigènes.

Douze dernières arches restent à poser dans la ville.

Un projet soutenu par EED Bonn, et l'ambassade d'Allemagne à Yaoundé.