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// Le Palais de Justice

Le Palais de Justice de Douala a été construit de 1930 à 1931. Des travaux réalisés en 2000, commandités par le Ministère de la Justice, lui ont adjoint deux pavillons d'aile supplémentaires. Il abrite aujourd'hui la Cour d'Appel.

Pendant le condominium franco-britannique (1916-1919) et jusqu'à l'octroi du Mandat par la SDN (1922), l'administration française travailla dans le cadre judiciaire laissé par les Allemands et conserva les instances judiciaires indigènes préexistantes : un Tribunal des chefs, un Tribunal des Races, ainsi qu'un Tribunal d'Arbitrage.Les chefs Duala s'acquittaient d'un droit afin d'exercer la fonction de juge coutumier dont ils obtenaient des revenus. Leur compétence sur les peines et les amendes à infliger était limitée à 100 marks maximum et six mois de prison. Au-delà, et jusqu'aux cas de condamnation à la peine capitale, seuls les droits civil et pénal allemands avaient force de loi. Parallèlement, un Conseil des notables collaborait avec le Gouverneur ou Haut-commissaire allemand sur les questions d'organisation sociale.Ces juridictions furent remplacées en 1930 par des tribunaux du 1er et 2ème degré. Cette réorganisation jetait bas les avantages matériels conséquents que les chefs Duala retiraient du système précédent et leur déplut fortement. Ils firent entendre leur mécontentement et maintinrent vaille que vaille des tribunaux clandestins, quand ils ne rétablirent pas l'instance qui fonctionnait avant à la colonisation.

Le Mandat français conservera le Conseil des notables jusqu'en 1941, tout en appliquant le Code de l'Indigénat, successeur du Code Noir institué par Louis XIV. Notable amélioration : le Code de l'Indigénat faisait du Noir un sujet, mais non un citoyen, irresponsable de facto devant la justice coloniale. Cette situation ne prendra fin au Cameroun qu'après la Libération française et la Conférence de Brazzaville en 1944.




// Arches de la mémoire

Le projet Douala, ville d'art et d'histoire consiste à baliser trente sites et bâtiments historiques de la ville de Douala, dans la période qui s'étend de la fin du XVIè siècle jusqu'à l'indépendance du Cameroun en 1960.

Le balisage de ces lieux, témoins du passé, s'effectue au moyen de mobilier urbain, les arches de la mémoire, dessinées par la designer Sandrine Dole. La forme utilisée évoque ces arches de palmes qui balisent traditionnellement l'entrée des lieux en fête au Cameroun. Ces arches, désormais faites de métal, sont autant de portes temporelles ouvrant vers un passé de résistances aux violences coloniales.

Les textes, inscrits sur des plaques de plexiglas et rédigés par les historiens Valère Epée, Lionel Manga et Blaise Ndjehoya, expliquent en français et en anglais (les deux langues officielles du Cameroun) l'histoire de ces sites et de la ville de Douala.

Actuellement Les arches du programme "Douala, Ville d'Art et d'Histoire" sont posées dans dix-huit sites de la ville :

Douze arches, implantées au quartier Bonanjo, retracent la mise en place des institutions judiciaires, pénitentiaires, commerciales et sanitaires, par les administrations coloniales successives(britannique, allemande et française), ainsi que le lignage des rois Bell.
Six arches, implantées au quartier Akwa, présentent l'introduction de la chrétienté au Cameroun, les bases de la construction urbaine de la ville de Douala et le premier hôpital public dédié aux indigènes.

Douze dernières arches restent à poser dans la ville.

Un projet soutenu par EED Bonn, et l'ambassade d'Allemagne à Yaoundé.