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// Monument funéraire des rois Bell

Quatre générations de rois Bell reposent dans cette sépulture construite en 1936 : son promoteur, le prince Alexandre Ndoumb'a Douala qui y a transféré les dépouilles de son père, Rudolf Douala Manga Bell ; de son grand-père, Auguste Manga Ndoumbè ; et de son bisaïeul, Ndoumb'a Lobe.

  • Ndoumb'a Lobe (roi de 1858-1897) pacifie le pays sawa et son influence s'étend sur tout le littoral, du sud (Ntem) au nord (Mungo). Il est cosignataire avec Dika Mpondo Akwa, du traité du 12 juillet 1884 qui institue le Protectorat allemand et préserve leurs droits fonciers aux Duala. Sous son règne prend fin le monopole douala de commerce intermédiaire avec l'hinterland.
  • Son fils, Auguste Manga Ndoumbe (roi de 1897-1908), grand bâtisseur, développe une économie de chasse d'éléphants et de plantation, et utilise les revenus du cacao, de l'huile de palme, du bois et de l'ivoire pour faire de gros investissements immobiliers à Bonanjo. Il constitue une des plus importantes fortunes jamais amassée par un roi Douala.
  • Son petit-fils, Rudolf Douala Manga Bell (roi de 1908-1914), consacre essentiellement son règne à combattre le projet allemand d'urbanisme Gross Duala qui préconise, entre autre, l'expropriation des indigènes de Bonanjo, d'Akwa, de Deïdo, pour les expédier dans les quartiers de Neu-Bell, Neu-Akwa, Neu-Deïdo, au-delà d'une Freie Zone, bande de démarcation entre Européens et indigènes, large d'un kilomètre. Il perd ce combat et est pendu le 8 août 1914.
  • Son arrière-petit fils, Alexandre Ndoumb'a Douala (roi de1950-1966), héritier tragique, rentre au Cameroun en 1919, après avoir passé sa jeunesse en Allemagne, ce qui incite l'administration française à le suspecter de germanophilie. Il passera plus de 30 ans à se battre pour accéder au trône. Il y parviendra en 1950, mais ne réussira jamais à rétablir la totalité de ses droits. En 1945, il est élu représentant du Cameroun à l'Assemblée nationale française et devient l'un des premiers députés africains. En 1958, il démissionne de ses mandats politiques et se retire de la vie publique.



// Arches de la mémoire

Le projet Douala, ville d'art et d'histoire consiste à baliser trente sites et bâtiments historiques de la ville de Douala, dans la période qui s'étend de la fin du XVIè siècle jusqu'à l'indépendance du Cameroun en 1960.

Le balisage de ces lieux, témoins du passé, s'effectue au moyen de mobilier urbain, les arches de la mémoire, dessinées par la designer Sandrine Dole. La forme utilisée évoque ces arches de palmes qui balisent traditionnellement l'entrée des lieux en fête au Cameroun. Ces arches, désormais faites de métal, sont autant de portes temporelles ouvrant vers un passé de résistances aux violences coloniales.

Les textes, inscrits sur des plaques de plexiglas et rédigés par les historiens Valère Epée, Lionel Manga et Blaise Ndjehoya, expliquent en français et en anglais (les deux langues officielles du Cameroun) l'histoire de ces sites et de la ville de Douala.

Actuellement Les arches du programme "Douala, Ville d'Art et d'Histoire" sont posées dans dix-huit sites de la ville :

Douze arches, implantées au quartier Bonanjo, retracent la mise en place des institutions judiciaires, pénitentiaires, commerciales et sanitaires, par les administrations coloniales successives(britannique, allemande et française), ainsi que le lignage des rois Bell.
Six arches, implantées au quartier Akwa, présentent l'introduction de la chrétienté au Cameroun, les bases de la construction urbaine de la ville de Douala et le premier hôpital public dédié aux indigènes.

Douze dernières arches restent à poser dans la ville.

Un projet soutenu par EED Bonn, et l'ambassade d'Allemagne à Yaoundé.