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// Ancienne Maison des Célibataires Woermann

Ce bâtiment a été construit pour abriter quatre appartements de célibataires allemands employés de la Woermann Linie. Comme pour la plupart des premières constructions allemandes en maçonnerie, la bâtisse est implantée sur une hauteur dominant la ville et le fleuve, afin d'en assurer une bonne ventilation La maison principale est reliée au pavillon de service par une galerie. Cette séparation physique entre le corps d'habitation et les communs, cuisines et buanderies à l'usage du personnel indigène, est typique de l'architecture coloniale au Cameroun du début du 20ème siècle.

Si cette firme logeait précédemment ses employés allemands à l'étage de ses comptoirs bâtis le long du littoral de la ville, elle est, en ce début du 20ème siècle, obligée de construire de nouveaux logements pour le personnel expatrié supplémentaire, lié à l'expansion des activités commerciales de la firme hambourgeoise. En effet, cette résidence a été construite au moment où la ville de Douala (alors dénommée Kamerunstadt) n'est plus la capitale politique du pays depuis son transfert à Buéa en 1901, mais en est le centre économique puisque les investissements allemands y sont en plein essor. De fait, la Woermann Linie, dont le siège est à Hambourg, domine à cette époque le marché commercial du pays. Sa présence à Douala remonte à 1868, et s'est consolidée après la signature du traité de protectorat germano-duala de 1884.

Aujourd'hui, cette imposante maison est occupée par différents locataires privés.




// Arches de la mémoire

Le projet Douala, ville d'art et d'histoire consiste à baliser trente sites et bâtiments historiques de la ville de Douala, dans la période qui s'étend de la fin du XVIè siècle jusqu'à l'indépendance du Cameroun en 1960.

Le balisage de ces lieux, témoins du passé, s'effectue au moyen de mobilier urbain, les arches de la mémoire, dessinées par la designer Sandrine Dole. La forme utilisée évoque ces arches de palmes qui balisent traditionnellement l'entrée des lieux en fête au Cameroun. Ces arches, désormais faites de métal, sont autant de portes temporelles ouvrant vers un passé de résistances aux violences coloniales.

Les textes, inscrits sur des plaques de plexiglas et rédigés par les historiens Valère Epée, Lionel Manga et Blaise Ndjehoya, expliquent en français et en anglais (les deux langues officielles du Cameroun) l'histoire de ces sites et de la ville de Douala.

Actuellement Les arches du programme "Douala, Ville d'Art et d'Histoire" sont posées dans dix-huit sites de la ville :

Douze arches, implantées au quartier Bonanjo, retracent la mise en place des institutions judiciaires, pénitentiaires, commerciales et sanitaires, par les administrations coloniales successives(britannique, allemande et française), ainsi que le lignage des rois Bell.
Six arches, implantées au quartier Akwa, présentent l'introduction de la chrétienté au Cameroun, les bases de la construction urbaine de la ville de Douala et le premier hôpital public dédié aux indigènes.

Douze dernières arches restent à poser dans la ville.

Un projet soutenu par EED Bonn, et l'ambassade d'Allemagne à Yaoundé.