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// Native Baptiste Church

Ce temple abrite l'Eglise baptiste du Cameroun (EBC), autrefois dénommée Native Baptist Church.

Dans la cour arrière se trouve le tombeau du Pasteur Adolf Lotin´a Same (1881-1946), figure emblématique de cette première église indigène de Cameroon Town.

La Native Baptist Church (NBC) est créée en 1849 par la Baptist Mission Society de Londres, première congrégation religieuse européenne à s'installer sur les berges du Wouri. Le missionnaire Joseph Merrick, un noir jamaïcain fils d'esclaves libérés, entreprend dès son arrivée en 1843 l'évangélisation en insufflant dans ses prédications un esprit d'autonomie. La NBC se battra pendant un siècle pour être légalement une église indigène indépendante. Lorsque, en 1886, deux ans après la signature du traité germano-douala, l'administration allemande expulse la Baptist Mission Society, pour confier la direction de l'évangélisation à la Mission de Bâle, les fidèles de la NBC menés par le Révérend Joshua Dibundu Dibue, protestent énergiquement : ils défendent leur autonomie. En 1917, sous l'administration française, trois ans après le départ des Allemands, la NBC s'oppose de nouveau à l'autorité de la Société des Missions évangéliques de Paris (SME).

Le pasteur Lotin, nommé président de la NBC en 1921, poursuit la lutte pour l'émancipation de l'église locale. Fortement combattu, il est publiquement déchu en 1922 de sa charge pastorale. La répression est forte. Les églises de la NBC sont fermées. Le pasteur est contraint de prêcher dans la clandestinité. Réintégré en 1932, mal aimé des autorités françaises, il fera d'autres séjours en prison. Il meurt en 1946. Unanimement considéré comme le premier nationaliste de la période coloniale française, ce grand compositeur de musique a légué à la postérité plus de deux cents cantiques, composés sur le rythme du ngosso et qui se chantent toujours.

En 1949, la Native Baptist Church dépose enfin légalement ses statuts d'Eglise indépendante et, changeant de dénomination, devient officiellement l'Eglise baptiste du Cameroun (EBC).




// Arches de la mémoire

Le projet Douala, ville d'art et d'histoire consiste à baliser trente sites et bâtiments historiques de la ville de Douala, dans la période qui s'étend de la fin du XVIè siècle jusqu'à l'indépendance du Cameroun en 1960.

Le balisage de ces lieux, témoins du passé, s'effectue au moyen de mobilier urbain, les arches de la mémoire, dessinées par la designer Sandrine Dole. La forme utilisée évoque ces arches de palmes qui balisent traditionnellement l'entrée des lieux en fête au Cameroun. Ces arches, désormais faites de métal, sont autant de portes temporelles ouvrant vers un passé de résistances aux violences coloniales.

Les textes, inscrits sur des plaques de plexiglas et rédigés par les historiens Valère Epée, Lionel Manga et Blaise Ndjehoya, expliquent en français et en anglais (les deux langues officielles du Cameroun) l'histoire de ces sites et de la ville de Douala.

Actuellement Les arches du programme "Douala, Ville d'Art et d'Histoire" sont posées dans dix-huit sites de la ville :

Douze arches, implantées au quartier Bonanjo, retracent la mise en place des institutions judiciaires, pénitentiaires, commerciales et sanitaires, par les administrations coloniales successives(britannique, allemande et française), ainsi que le lignage des rois Bell.
Six arches, implantées au quartier Akwa, présentent l'introduction de la chrétienté au Cameroun, les bases de la construction urbaine de la ville de Douala et le premier hôpital public dédié aux indigènes.

Douze dernières arches restent à poser dans la ville.

Un projet soutenu par EED Bonn, et l'ambassade d'Allemagne à Yaoundé.