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// Temple du Centenaire

Le temple du Centenaire a été construit en 1947 pour commémorer les cent ans de la première église chrétienne Bethel ou Maison de Dieu édifiée en 1847 à Cameroon Towns (ancien nom de Douala) par le pasteur Alfred Saker.

Le christianisme prend pied au Cameroun en 1843, sous l'égide de la Baptist Missionary Society de Londres. Les pionniers de l'évangélisation, Joseph Merrick et plus tard Jackson Fuller, sont jamaïcains, fils d'esclaves libérés. Basés sur l'île voisine de Fernando Poo, ces deux personnalités noires du premier contingent de missionnaires viennent évangéliser en terre camerounaise. S'ils marquent les esprits par la notion d'autonomie qu'ils véhiculent, c'est cependant la figure du pasteur Alfred Saker qui restera emblématique du rayonnement de la mission protestante au Cameroun. En ces temps où navigateurs et négociants étrangers ne sont pas autorisés à séjourner sur le sol camerounais, Alfred Saker est le premier Blanc à s'installer à terre, en 1845, avec l'aval du King Akwa qui lui offre un terrain. Saker y bâtit le premier Bethel et la première école du Cameroun.

En 1849, le pasteur Alfred Saker effectue dans les eaux du Wouri le premier baptême d'un Camerounais, Bekima Bile, un garçon de Bonapriso, et lui attribut Smith pour nom chrétien.

En 1858, il fonde la ville de Victoria (aujourd'hui Limbé). En 1866, il consacre le premier pasteur camerounais, Georges Nkwé, un originaire de Yabassi. Saker initie ses premiers convertis à la maçonnerie, à la menuiserie, à la fabrication de briques, à la peinture en bâtiment et à l'imprimerie. Se servant des travaux de Joseph Merrick sur la grammaire de la langue Isubu, Alfred Saker traduit la Bible en langue douala, qu'il publie en 1872.

Après plus de trois décennies de ministère pastoral, Saker quitte le Cameroun en 1876 pour le Royaume-Uni et meurt en 1880. Un collège baptiste lui est dédié à Douala, et le nom de sa dernière fille, Emily Saker, est attribué à un centre de pédiatrie.




// Arches de la mémoire

Le projet Douala, ville d'art et d'histoire consiste à baliser trente sites et bâtiments historiques de la ville de Douala, dans la période qui s'étend de la fin du XVIè siècle jusqu'à l'indépendance du Cameroun en 1960.

Le balisage de ces lieux, témoins du passé, s'effectue au moyen de mobilier urbain, les arches de la mémoire, dessinées par la designer Sandrine Dole. La forme utilisée évoque ces arches de palmes qui balisent traditionnellement l'entrée des lieux en fête au Cameroun. Ces arches, désormais faites de métal, sont autant de portes temporelles ouvrant vers un passé de résistances aux violences coloniales.

Les textes, inscrits sur des plaques de plexiglas et rédigés par les historiens Valère Epée, Lionel Manga et Blaise Ndjehoya, expliquent en français et en anglais (les deux langues officielles du Cameroun) l'histoire de ces sites et de la ville de Douala.

Actuellement Les arches du programme "Douala, Ville d'Art et d'Histoire" sont posées dans dix-huit sites de la ville :

Douze arches, implantées au quartier Bonanjo, retracent la mise en place des institutions judiciaires, pénitentiaires, commerciales et sanitaires, par les administrations coloniales successives(britannique, allemande et française), ainsi que le lignage des rois Bell.
Six arches, implantées au quartier Akwa, présentent l'introduction de la chrétienté au Cameroun, les bases de la construction urbaine de la ville de Douala et le premier hôpital public dédié aux indigènes.

Douze dernières arches restent à poser dans la ville.

Un projet soutenu par EED Bonn, et l'ambassade d'Allemagne à Yaoundé.